Contrairement à une idée reçue, la presbytie n'est pas une maladie mais une évolution naturelle et inévitable du système visuel, liée à l'âge. À l'intérieur de l'œil, le cristallin joue le rôle d'une lentille souple capable de changer de forme pour faire la mise au point sur les objets proches, grâce à un ensemble de muscles et de fibres élastiques. Avec le temps, ce cristallin perd progressivement sa souplesse et devient moins capable de se bomber pour la vision de près. Résultat : la vision de loin reste généralement bonne, mais les textes proches deviennent flous. Ce phénomène touche tout le monde, y compris les personnes qui n'ont jamais porté de lunettes de leur vie, en général à partir de 44-45 ans, et continue de progresser jusque vers 60-65 ans avant de se stabiliser. Selon les données disponibles en France, la presbytie concernerait aujourd'hui plus de 4 personnes sur 10.
Les premiers symptômes sont souvent discrets et attribués, à tort, à la fatigue ou à un mauvais éclairage.
Si plusieurs de ces signes vous parlent, un rendez-vous chez votre ophtalmologiste ou en boutique pour un bilan visuel permet de faire le point rapidement.
La bonne nouvelle, c'est que la presbytie se corrige très bien. Plusieurs options existent selon votre profil et vos habitudes de vie. Pour les personnes qui n'ont besoin d'aide que pour la lecture, de simples lunettes de vision de près (parfois appelées loupes) suffisent. Pour celles qui portaient déjà des lunettes de loin (myopie, hypermétropie, astigmatisme), les verres progressifs restent la solution la plus courante : ils permettent de voir net à toutes les distances avec une seule paire de lunettes, sans zone de transition brutale. Les lentilles de contact progressives ou en « vision mixte » (monovision) constituent une alternative pour celles et ceux qui préfèrent ne pas porter de lunettes au quotidien.
Un point important à connaître : la correction de la presbytie évolue avec l'âge jusque vers 60-65 ans, ce qui veut dire qu'il est normal de devoir ajuster sa correction tous les deux à trois ans environ sur cette période. C'est aussi l'occasion, lors de ces contrôles réguliers, de faire dépister d'autres affections plus fréquentes après 45 ans comme le glaucome ou la DMLA — une raison de plus de ne jamais négliger son rendez-vous annuel chez l'ophtalmologiste ou l'opticien.
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